De la culpabilité



Les professionnels de la psychothérapie vous le diront : le profil des personnalités en psychothérapie a bien évolué ; cela est bien normal car rien n’est figé ; tout est toujours en évolution ; la société et les mœurs ont changé en profondeur.

En quelques décennies la famille a fait sa totale révolution, la sexualité et la mort ont changé de statut : la première s’est libéralisée, la deuxième a basculé au rang de tabou.

Il en va de même pour le sujet de la culpabilité. Celle-ci passe en arrière-plan, alors que la notion d’individualité a pris une place considérable qui, devenant exagérée (et tout ce qui est disproportionné est problématique), crée des difficultés relationnelles et par conséquent se retourne contre l’individu lui-même.

Le primat du « JE » est la raison pour laquelle la culpabilité est en diminution, et cela est dommage car pour vivre ensemble il est nécessaire de tenir compte de l’autre. L’attention que l’on porte à l’autre nous revient en retour. La façon dont on entend certaines personnes se parler est assez significative de ce fait (bien que le problème existait déjà bien avant).

excusesCela commence par là.

Le manque de respect, la difficulté à s’excuser parle de cette disparition de la culpabilité dans nos relations.

Cela ne sous-entend pas que nous soyons toujours  des Saints ! …

Qu’est-ce que la culpabilité ?

coupable

Elle concerne le « faire », l’action, c’est-à-dire la façon dont je me comporte, je me conduis. Elle fait donc référence à des règles qui nous sont nécessaires dans une juste proportion pour vivre ensemble.

Par exemple, si je parle à l’autre comme à un « moins que rien » – et l’expression a là tout son sens – il est nécessaire que je ressente de la culpabilité. Nous parlerons de bonne culpabilité ou culpabilité saine, en opposition avec une culpabilité destructrice et pathologique provenant d’une éducation rigide et inhibante où l’individu ne peut plus respirer. 

 

Et La honte ?honte

Elle concerne  quant à elle  L’ÊTRE, et est ainsi beaucoup plus profonde.

Elle touche la structure même de l’individu, son estime personnelle, son regard sur lui-même.

La société D’AUJOURD’HUI ET celle D’HIER n’ont pas le même fonctionnement. La tendance à la disparition de la culpabilité au profit de « j’y ai droit » signe ce passage, et un réajustement semble une nécessité.

Car dans cette société du « JE »,
où est le « TU » et surtout le « NOUS » ?

Cette question est fondamentale
car nous nous construisons à travers nos relations.

moi et les autres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *